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L’année 2026 s’annonce comme une étape charnière pour l’Algérie, qui s’engage résolument vers une économie moins dépendante des espèces. En effet, le ministère du Commerce a récemment adressé un ultimatum de 8 jours aux commerçants, lesquels doivent impérativement s’équiper de terminaux de paiement électronique (TPE), sous peine de se voir infliger des pénalités. Cette démarche rompt clairement avec la série de reports observés par le passé. Elle marque le coup d’envoi d’une période bien plus exigeante dans la stratégie algérienne de réduction de l’argent liquide en circulation.
Une amende forfaitaire de 50.000 DA
Concrètement, à compter de la réception de l’avis officiel, les professionnels disposent d’un bref délai de 8 jours pour contacter leur banque et obtenir un TPE. Si l’installation ne peut être réalisée dans ce laps de temps, ils devront au moins fournir une preuve de dépôt de leur demande, dûment validée par l’institution financière concernée. À défaut, ils s’exposent à une amende forfaitaire de 50.000 DA, ainsi qu’à d’autres dispositions administratives prévues par la législation en vigueur. Il faut mentionner que cette initiative s’aligne directement sur les prescriptions de l’article 111 de la loi de finances 2018, qui rend l’usage des moyens de paiement électronique obligatoire pour les transactions commerciales depuis plusieurs années déjà.
Jusqu’à présent, les autorités avaient fait preuve d’une certaine indulgence face aux retards successifs. Cependant, le contexte a radicalement changé fin décembre 2025, avec l’interdiction, par la Banque d’Algérie, des dépôts en espèces sur les comptes professionnels. Certes, les clarifications apportées le 31 décembre 2025 ont légèrement atténué cette rigueur initiale, permettant aux banques d’accepter encore des dépôts en liquide à condition qu’ils soient justifiés et qu’ils diminuent progressivement. Un délai transitoire d’un mois a même été accordé aux acteurs économiques, notamment aux distributeurs et producteurs dont les chaînes d’approvisionnement restent fortement dépendantes du cash. Malgré cela, l’ultimatum émanant du ministère du Commerce témoigne d’une urgence indéniable : la bascule vers une économie numérique ne peut plus être reportée.
En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque à fin avril 2025, l’Algérie ne recensait qu’à peine 80 000 TPE pour plus de deux millions de commerçants. Entre janvier et juillet 2025, seulement 5,2 millions de transactions électroniques ont été enregistrées, pour un montant global de 47,2 milliards DA. Face à cette carence persistante en équipements, les pouvoirs publics explorent également des pistes alternatives. Le paiement mobile par QR Code, par exemple, s’impose comme une solution stratégique. Moins coûteuse et plus adaptable que les terminaux physiques, cette technologie pourrait permettre à de nombreux petits commerçants de se conformer aisément aux nouvelles exigences, sans avoir à investir dans un TPE traditionnel.
Les rasions de l’usage du paiement électronique en Algérie
Il est d’ailleurs important de noter que depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction du cash fin décembre, un véritable afflux de commerçants vers les banques a été constaté, signe que cette pression commence à produire ses effets. Les objectifs sont limpides: réduire la circulation de l’argent liquide, endiguer l’économie informelle, accroître la transparence fiscale et intégrer durablement le pays dans l’ère numérique. Avec cet ultimatum, le gouvernement a délivré un message sans ambiguïté: la période de la persuasion est révolue. La contrainte est désormais le principal moteur de cette profonde mutation.
Au cœur de cette dynamique se trouve la stratégie nationale «Algérie Numérique 2030», lancée en 2025, qui affiche des ambitions considérables consistant à élever la contribution du numérique à 20 % du PIB, concrétiser plus de 500 projets de transformation et dématérialiser 75% des services publics. La généralisation du paiement électronique constitue, à ce titre, un pilier essentiel de cette vision. L’Algérie se situe donc aujourd’hui à un véritable carrefour.
Cette transition numérique, longtemps freinée par une certaine résistance culturelle face au cash et par un déficit d’infrastructures, semble désormais s’engager sur une voie irréversible. Bien que les défis à relever demeurent significatifs, la combinaison de la réglementation contraignante, de l’innovation technologique et d’une volonté politique forte pourrait bien marquer, dès 2026, le véritable démarrage de la modernisation économique de l’Algérie.