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Ce développement économique s’appuie, en grande partie, sur les collectivités locales sachant que le devenir économique du pays et le quotidien du citoyen devront essentiellement se jouer.
Asseoir un esprit managérial au plan local
Si le président de la République a opté pour une telle gouvernance, mieux adaptée avec le mandat économique qu’il souhaite accomplir, c’est certainement pour asseoir un esprit managérial au plan local. Dans ce nouveau modèle de gouvernance de la chose publique dans lequel la collectivité peut s’attribuer le rôle d’accélérateur de développement et d’un levier indispensable au renforcement de l’Etat, nombre de mécanismes de gestion en cours se sont avérés moins articulés avec les prérequis d’une administration de services et de proximité tournée exclusivement vers la satisfaction effective des préférences des usagers, en nette mutation d’année en année.
Ainsi, situer la future mission cruciale des collectivités dans la dynamique de transformation socioéconomique en cours, pour mener à bien des projets créateurs de richesse et de cohésion territoriale, implique pour beaucoup d’élus et d’économistes de nouveaux cadres institutionnels favorisant la mobilisation des compétences et expertises locales, afin de parvenir à la relance économique du pays, inscrite en tête des priorités publiques, notamment à l’horizon 2030.
L’APW a du mal à jouer son rôle dans le développement socioéconomique local
Dans l’état actuel des choses, il est dit que les P/APC ne peuvent pas exécuter leurs programmes électoraux, faute de capacités d’agir sur les dossiers économiques, ceux liés à la gestion de l’habitat et à l’élaboration des investissements. De même, on estime que l’Assemblée populaire de wilaya (APW), qui n’a pas la qualité d’ordonnateur, a du mal à jouer son rôle dans le développement socioéconomique local pour être ensuite responsable devant les citoyens.
Pour se consacrer au service du développement, des P/APC ont insisté sur le transfert de certaines tâches prenantes vers d’autres directions exécutives, à l’image de la gestion des écoles et des déchets, soulignant que l’efficacité attendue en matière économique ne peut s’effectuer que dans le cadre d’une nouvelle répartition des missions entre les responsables locaux, citant à titre d’exemple la nécessité d’une relation d’accompagnement et non de la tutelle avec les daïras. Selon plusieurs élus nationaux et locaux, la commission chargée de la révision des codes des collectivités locales, tant attendue par les élus pour insuffler une nouvelle dynamique au sein des territoires locaux, devra contribuer à corriger certaines anomalies et à rendre de l’attractivité au mandat d’élu, pour répondre au mieux à ses engagements devant les citoyens.
Enrayer les facteurs de blocage
Considérée comme étant un facteur de valorisation des initiatives de développement, la stabilité des assemblées élues a des impacts conséquents sur l’adhésion des partenaires aux projets. Pour certains édiles, minimiser les luttes partisanes permettra de travailler en concertation et d’orienter les efforts vers les objectifs collectivement établis. Et de soutenir, en substance, que la présidence au sein des assemblées communales doit revenir au principe de la majorité.
Outre le besoin d’appuyer la pratique démocratique locale, nécessaire pourtant à la stabilité des assemblées et la maîtrise des désaccords entre élus, des avis spécialisés ont plaidé, de leur côté, pour le renforcement des dispositifs de participation citoyenne dans la réalisation des projets de développement, soutenant que le renforcement des compétences économiques des assemblées locales sera d’un impact significatif sur la relance de leur économie.
Une meilleure maîtrise technique des dossiers
Selon d’autres avis, des motivations doivent être instituées en faveur des jeunes pour s’engager en politique au niveau local, insistant sur la révision du régime indemnitaire qui demeure une sérieuse préoccupation parmi les élus locaux. D’autres estiment que le renforcement du pouvoir économique des instances délibérantes passe aussi par une meilleure maîtrise technique des dossiers et un usage généralisé des outils numériques d’aide à la décision locale.
Le code communal de 2011 et celui de wilaya de 2012, ayant correspondu à une certaine logique de gestion, moins ajustée aux défis de l’heure, devraient laisser place à l’émergence d’une autre vision de l’action publique locale. Le défi consiste à outiller ces échelons des compétences nécessaires leur permettant un passage en douceur de cellules gestionnaires de problèmes administratifs à des entités économiques attentives aux indicateurs de performance publique.