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La taille modeste de ces micro-entreprises, qualifiées souvent de «petits poucets» de l’économie, ne saurait occulter leur rôle croissant dans la création de richesse, d’emplois et de valeur ajoutée, ni leur capacité à insuffler une nouvelle vitalité au tissu productif.
Les micro-entreprises au cœur de la dynamique économique nationale
Le professeur Chaïb Baghdad, de la faculté des sciences économiques de l’Université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen, rappelle une évidence souvent sous-estimée. Selon lui, les micro-entreprises jouent un «rôle favorable» dans toute stratégie de développement et de croissance économiques, à travers la création de richesse, d’emplois et l’introduction d’une nouvelle dynamique fondée sur les technologies modernes et l’innovation. «Elles s’impliquent de plus en plus dans des secteurs à forte valeur ajoutée, tels que l’industrie, l’agriculture et les services», rappelle-t-il. Certes, leur petite taille peut donner l’illusion d’un impact limité sur la croissance globale. Toutefois, les derniers rapports internationaux mettent en lumière l’importance de ce type d’entreprises lorsqu’elles évoluent dans un environnement adéquat : organisation efficace, management approprié, structures flexibles et, surtout, ressources humaines animées par un esprit entrepreneurial et innovant. La question centrale demeure alors celle des leviers à renforcer pour permettre à ces microprojets de franchir un cap et de devenir des acteurs économiques durables et compétitifs.
À ce sujet, le professeur Baghdad insiste sur la nécessité d’un accompagnement renforcé de la part des institutions de l’État, d’un financement bancaire souple et adapté, d’un soutien institutionnel dans les domaines fiscal, commercial et douanier, ainsi que d’un climat de concurrence loyale. À cela s’ajoute l’impératif d’un investissement cohérent et soutenu, condition essentielle à la montée en gamme de ces entreprises. Dans cette optique, la politique du président Abdelmadjid Tebboune place clairement les micro-entreprises au cœur de la dynamique économique nationale. Leur reconnaissance en tant que véritables créatrices de richesse s’est traduite par des réformes structurantes : instauration du statut d’auto-entrepreneur, régimes fiscaux préférentiels, création de zones d’activités dédiées et facilitation de l’accès au microcrédit. Autant de mesures destinées à structurer le marché, à encourager l’initiative privée et à transformer ces entités en acteurs à part entière de la croissance économique.
Une architecture complète de soutien
Conscients de cet enjeu stratégique, les pouvoirs publics ont mis en place une architecture complète de soutien, mobilisant des ressources juridiques, financières et humaines conséquentes. Il s’agit d’un travail de fond, patient et méthodique, porté par une stratégie gouvernementale claire visant l’émergence d’un tissu de micro-entreprises structuré, performant et durable. L’objectif est d’inscrire ces entités dans une logique de croissance progressive et de contribution effective à l’économie nationale. Sur le terrain, plusieurs agences publiques multiplient les initiatives. L’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA, ex-ANSEJ) figure parmi les acteurs majeurs de cette dynamique. Depuis la restructuration du dispositif en 2024, plus de 3 500 projets ont déjà été financés. En parallèle, l’agence a assuré la formation de près de 30 000 personnes, dont 18 000 au sein des centres de développement de l’entrepreneuriat, contribuant ainsi à l’émergence d’une nouvelle génération de porteurs de projets mieux préparés et plus compétitifs. Pour l’année 2026, la NESDA prévoit d’accompagner 10 000 micro-entreprises supplémentaires, confirmant l’ampleur de l’effort engagé.
De son côté, l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) développe une approche ciblée et inclusive. Son initiative «1000 femmes, 1000 projets» vise à renforcer l’autonomisation économique des femmes et à consolider leur rôle dans le développement national. Mieux encore, l’ANGEM oriente désormais une partie de ses actions vers l’exportation, transformant le microcrédit en véritable tremplin vers les marchés extérieurs. Une orientation qui s’inscrit pleinement dans la politique présidentielle de diversification de l’économie et de consolidation des exportations hors hydrocarbures. Dans le même esprit, la NESDA a déjà signé plusieurs conventions destinées à renforcer l’entrepreneuriat et la sous-traitance, tout en élargissant ses partenariats à l’échelle africaine, notamment lors de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025). Ces initiatives traduisent une volonté affirmée d’inscrire les micro-entreprises algériennes dans des chaînes de valeur régionales et continentales.