4 janvier 2026 | il y a 2 mois

Ecosystème entrepreneurial: un nouveau dispositif pour les start-up en croissance

Publié au Journal officiel n°81, le décret exécutif n°25-311 marque une nouvelle étape pour l’écosystème entrepreneurial en Algérie.

news-detail

Ce décret introduit le label «scale-up», simplifie la labellisation et prolonge les avantages accordés aux entreprises innovantes. En introduisant officiellement la notion d’«entreprise scale-up», le texte élargit, en effet, le cadre juridique de soutien aux start-up. Il a pour objectif d’accompagner celles ayant franchi un palier décisif en matière de croissance, de performance économique et d’innovation.


Ce nouveau décret vient modifier et compléter le texte de 2020, portant création du Comité national de labellisation des start-up, projets innovants et incubateurs. Il répond à une réalité désormais assumée par les pouvoirs publics. Car certaines jeunes entreprises sont passées à la phase d’expansion et nécessitent de ce fait un accompagnement adapté.


Reconnaissance officielle des «scale-up»

La principale innovation du décret réside dans l’ajout d’un chapitre entier consacré aux entreprises dites «scale-up». Celles-ci sont définies comme des sociétés appelées à évoluer, à consolider leur présence sur le marché et à renforcer leur capacité d’exportation. Selon l’article 31 bis 2, «toute société de droit algérien peut désormais prétendre à ce label, à condition de répondre à trois critères majeurs». Le premier critère concerne le modèle d’affaires. Celui-ci doit impérativement reposer sur un produit, un service ou un business model innovant.


Le second critère porte sur la performance économique, avec une exigence liée à la croissance du chiffre d’affaires d’au moins 20% sur les trois dernières années. Enfin, le troisième critère porte sur un effort tangible en matière de recherche et de développement. Il doit être, selon le texte, «à hauteur d’au moins 3% des revenus ou du capital».


Des outils numériques pour simplifier l’examen des dossiers

Le décret met l’accent également sur la nécessité, pour les entreprises candidates, de documenter leur capacité d’innovation. Les dossiers de demande de labellisation devront ainsi comporter des éléments précis. À titre d’exemple, précise l’article, des titres de propriété intellectuelle, des distinctions obtenues ou encore des preuves d’expansion internationale, qu’il s’agisse d’opérations d’exportation ou de l’ouverture de filiales à l’étranger.


Les demandes seront, par ailleurs, examinées par le Comité national de labellisation, instance placée sous l’autorité du ministre chargé des start-up. À ce titre, le texte introduit une autre nouveauté. Il s’agit de la numérisation des délibérations. Les réunions du comité pourront désormais se tenir par visioconférence ou tout autre moyen de télécommunication, une disposition qui vise à accélérer les procédures et à s’adapter aux nouveaux modes de travail.


Les avantages fiscaux prolongés

Si le décret exécutif reste discret sur les avantages spécifiques accordés aux entreprises labellisées «scale-up», il s’inscrit clairement dans la continuité des mesures de soutien prévues par l’État. Le projet de loi de finances 2026, adopté par le Parlement en novembre 2025, prévoit, notamment, le prolongement à deux ans des exonérations fiscales accordées aux start-up en cas de renouvellement de leur label, contre une année auparavant. L’article 14 bis 2 du décret confirme que le label «start-up», renouvelable une fois, ouvre droit à l’ensemble des mesures d’aide et de soutien de l’État, conformément à la législation en vigueur.


À travers ce nouveau texte, les pouvoirs publics affichent leur volonté de faire évoluer la politique de soutien aux start-up vers une logique de maturité et de durabilité. L’objectif n’est pas seulement de favoriser la création d’entreprises innovantes, mais aussi d’accompagner celles qui réussissent, créent de la valeur et s’imposent sur les marchés, y compris à l’international.


ans un contexte où Alger se positionne comme capitale africaine des start-up, l’introduction du label «scale-up» apparaît comme un signal fort. L’Etat cherche à transformer les start-up performantes en championnes économiques pérennes, capables de contribuer durablement à la diversification de l’économie nationale.



4 janvier 2026 | algeria-logo