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Le rapport «Digital Economy Navigator 2025», dévoilé mardi dernier lors du Sommet Mondial pour le Développement Social à Doha, place l’Algérie sous le feu des projecteurs en mettant particulièrement en avant ses progrès tangibles dans l’édification d’un environnement numérique inclusif.
L’Algérie se distingue par l’inclusion sociale via le digital
Présentée par la 1e organisation intergouvernementale autonome dédiée à l’accélération des économies numériques durables, en l’occurrence l’Organisation de la coopération numérique (DCO), cette étude consacre la dynamique de transformation qui s’opère à l’échelle internationale. L’Algérie y figure pour la 1e fois dans le cercle des 80 pays analysés selon une méthodologie pointue croisant 145 indicateurs et une vaste enquête internationale.
Ce diagnostic révèle que l’Algérie se distingue grâce à sa performance sur le terrain de l’inclusion sociale via le digital, affichant un score élevé sur cet indicateur (65,2 sur 100), accentué par l’essor de la durabilité numérique (62,7 sur 100).
Selon l’Organisation, ces résultats sont la traduction concrète d’une politique volontariste: «amélioration de l’accès aux services en ligne, généralisation des dispositifs d’e-administration, ouverture des plateformes éducatives à distance et engagement institutionnel fort auprès des populations des zones rurales et des groupes traditionnellement sous-représentés». Cette mobilisation nationale permet aujourd’hui à une part croissante de la population d’«intégrer plus facilement les réseaux de santé, de formation ou de démarches administratives».
Digitalisation progressive de la santé et de l’éducation
L’une des avancées majeures de la période réside dans la digitalisation progressive de la santé et de l’éducation, où l’Algérie se hisse au-dessus de la moyenne régionale. Multiplication des téléconsultations, essor des outils pédagogiques en ligne, démocratisation des cursus numériques – autant de signaux témoignant des effets tangibles des efforts publics consentis.
Cette mutation s’appuie sur plus des centaines de projets structurants portés par un Haut Commissariat à la Numérisation (HCN), confirmant la volonté stratégique de l’Algérie d’ancrer profondément les usages numériques dans la société. Les résultats sont perceptibles jusque dans l’accroissement du taux d’équipement, une connectivité largement répandue et une demande sociale forte pour des solutions innovantes, souligne le rapport.
La DCO observe également une dynamique d’investissement renouvelée dans les infrastructures et les réseaux fixes ou mobiles, portée par une volonté de rattrapage vis-à-vis des standards internationaux. Le cap est résolument mis sur l’expansion de la 4G et la préparation du lancement de la 5G, en ciblant particulièrement les territoires jusqu’alors moins bien couverts. Les premières phases du plan universel d’accès donnent déjà des résultats, avec plus d’un millier de localités rurales raccordées récemment grâce à une collaboration public-privé soutenue.
Le e-commerce en croissance à 2 chiffres
Le secteur émergent du e-commerce incarne, par ailleurs, le renouveau de l’économie nationale, bénéficiant désormais d’un taux de croissance annuel à 2 chiffres, dans la foulée de l’amélioration des systèmes de paiement électronique et de l’accroissement de la confiance du public. La structuration de marketplaces locales, qui canalise une part significative des ventes en ligne, ouvre la voie à la création de milliers de PME innovantes, stimulées par des incitations fiscales modernes et des programmes de labellisation pour les Start-ups.
Si la progression est indéniable, le rapport met toutefois en lumière des limites qui nuancent le panorama. Les infrastructures, bien que fortement modernisées ces dernières années, révèlent encore des disparités, en particulier dans la densité et la rapidité des réseaux dans certaines localités. La connectivité haut débit demeure en-deçà des moyens nécessaires pour rivaliser avec les champions mondiaux, poussant les pouvoirs publics à amplifier considérablement les investissements dans les Data Centers et l’extension de la fibre.
Intensifier l’accompagnement à la création d’entreprises Tech
Sur le volet de l’innovation, l’écosystème entrepreneurial national peine encore à transformer son potentiel en valeur ajoutée massive. Le faible score en innovation dévoilé par le rapport (20,5 sur 100) s’explique non pas par une absence de créativité, mais par un besoin d’intensifier encore l’accompagnement à la création d’entreprises technologiques.
Du côté du capital humain, la question des compétences numériques avancées devient cruciale. L’effort de formation, bien entamé, doit désormais s’intensifier surtout autour des métiers du digital, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, alors même que les universités commencent seulement à introduire de nouveaux cursus spécialisés.
Mais ce tableau est loin d’être figé: les signaux d’ouverture, les initiatives de partenariats et la montée des formations professionnelles soutenues par l’État forment une base solide pour capter et retenir les talents au service de la croissance numérique. Ces enjeux de ressources humaines, réels freins dans l’immédiat, sont ainsi une formidable opportunité de progrès accéléré.
Capacité à dépasser les obstacles
La finance digitale, quant à elle, connaît une ascension remarquable bien que ralentie par des questions de confiance et des problématiques réglementaires. L’évolution rapide des pratiques monétiques, l’irruption de nouveaux acteurs dans le paiement en ligne et l’amélioration des outils de sécurité témoignent de la vitalité d’un marché en transition, prometteur mais encore perfectible dans ses usages de masse.
Le parcours algérien vers l’avenir numérique se distingue ainsi par sa capacité à dépasser les obstacles historiques grâce à une combinaison de volonté politique, d’ouverture de la société civile et d’implication croissante du secteur privé. Le rapport de la DCO n’occulte pas pour autant les défis à relever. Il incite, dans ses recommandations, à poursuivre la montée en puissance des infrastructures, la généralisation de la formation, l’innovation entrepreneuriale et le renforcement de la confiance des citoyens dans les services numériques.