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C’est ce qui ressort en tout cas de la toute dernière note de la Banque d’Algérie (BA) fixant les nouveaux seuils de taux d’intérêt excessifs applicables au titre du premier semestre 2026, soit les nouveaux plafonds de rémunération applicables à différents types de crédits et que les banques et établissements financiers de la place sont tenus de ne pas dépasser. Tel que retracés dans le même document, les niveaux de taux d’intérêt effectifs moyens déclarés par les banques au titre du second semestre de 2025, soit ceux réellement appliqués, n’ont globalement pas connu de variation notable par rapport au semestre précédent. Ainsi, les niveaux de rémunération appliqués aux crédits à la consommation ont été de 9,42% lors des six derniers mois de l’année écoulée, contre 9,61% au premier semestre, ceux des crédits à court, moyen et long termes sont passés respectivement de 6,99%, 6,36 % et 5,74% à 6,87%, 6,30% et 5,82%, tandis que les taux des crédits au logement sont restés stables à 6,86 points de pourcentage et ceux au leasing ont marqué un léger recul en passant de 10,36 à 10,01%. S’agissant des nouveaux plafonds fixés pour les six mois à venir, soit des seuils de taux d’intérêt pouvant être considérés comme usuraires ou excessifs et que la Banque centrale fixe à chaque début de semestre pour réguler la concurrence et protéger les emprunteurs-, leur niveau sont restés également relativement stables, selon la même note adressée aux banques de la place. Ces nouveaux seuils sont ainsi fixés à 10,36% pour les crédits à la consommation, contre 10,57 au semestre écoulé, 7,56%, 6,93 et 6,40% pour ceux à court, moyen et long terme (contre respectivement 7,68%, 6,99 et 6,32%), 7,55% pour le financement de l’habitat (contre 7,54) et 11,01 au lieu de 11,39% pour le leasing ou le crédit-bail. A rappeler dans ce contexte précis que le Conseil monétaire et bancaire relevant de la BA avait consenti fin août dernier un double ajustement à la baisse du taux directeur et du taux de réserves obligatoires (TRO) applicables aux banques primaires, en les réduisant de 25 points de base, soit de 3% à 2,75% pour le premier et de 100 points de base, soit de 3 à 2% pour le second. Des mesures d’assouplissement monétaire intervenus dans un contexte de décélération sensible de l’inflation globale en glissement annuel, couplée à une croissance économique jugée vigoureuse, notamment en hors hydrocarbures, et qui visent, selon la banque des banques qui est la BA, «à accroître la capacité du système bancaire à financer l’économie». La même institution, qui fait office d’autorité monétaire et bancaire souveraine, avait par ailleurs clairement insisté à travers son dernier rapport annuel, publié en septembre dernier, sur le fait que les indicateurs très favorables de capitalisation, de liquidité et de rentabilité du système bancaire national «plaident pour une plus grande intermédiation du secteur à l’avenir, notamment par plus de financements en faveur de l’économie, et une offre de services plus adaptée aux besoins des agents économiques». Le niveau élevé du ratio de solvabilité du système bancaire, est-il relevé dans le même rapport, traduit également «une aversion excessive des banques au risque et un potentiel pour augmenter considérablement leur activité d’octroi de crédits». Les banques locales affichant ces quelques dernières années des niveaux de fonds propres et des ratios de solvabilité supérieurs au niveau minimum requis elles disposent par conséquent, globalement, «d’une capacité d’absorption additionnelle de pertes en cas de matérialisation de chocs adverses, ce qui leur offre une grande marge de manœuvre pour réduire leur degré d’aversion au risque et d’augmenter l’encours des crédits consentis à l’économie», juge en définitive la BA, en faisant tout de même état d’une croissance appréciable de 5,3% de l’encours global des crédits bancaires octroyés en 2024.