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11 décembre 2025 | il y a 1 mois

Commerce électronique : Une nouvelle loi pour éviter l’anarchie

Face à l’essor fulgurant des transactions en ligne, l’État s’engage à encadrer l’activité commerciale numérique, largement informelle, afin de sécuriser l’économie nationale.

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Cette volonté politique, portée par le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, vise à encadrer le potentiel entrepreneurial de la jeunesse tout en protégeant le consommateur, dans le cadre d’une vision plus large de numérisation de l’économie nationale.

Lors de la première Conférence nationale sur l’emploi, la première responsable du secteur, Amel Abdellatif, a souligné le rôle majeur que joue désormais le e-commerce dans le tissu économique. « Le commerce électronique s’est imposé comme l’un des secteurs les plus pourvoyeurs d’opportunités. Il attire massivement les jeunes vers cet espace numérique qui offre un terreau fertile pour l’initiative, l’innovation et la création de valeur », a déclaré la ministre.

Un constat étayé par les chiffres, car selon des estimations conjointes du ministère et de la Cnuced, le chiffre d’affaires du e-commerce algérien a atteint 1,9 milliard de dollars en 2023, un chiffre considéré comme déjà dépassé. Avec plus de 42 millions de colis expédiés annuellement, l’ampleur du phénomène appelle une structuration urgente.

Pour accompagner cette transformation et garantir une organisation « professionnelle et sécurisée », le ministère du Commerce Intérieur travaille à l’élaboration d’une nouvelle législation dédiée au commerce électronique. « Il s’agit d’éviter l’émergence d’un marché virtuel anarchique. Notre démarche vise à instaurer un cadre clair qui permette de développer et d’élargir cette activité, tout en ouvrant de nouveaux horizons aux jeunes pour les intégrer pleinement à l’économie numérique par des méthodes modernes et efficaces », a expliqué la ministre.


Réguler pour intégrer et valoriser

Cette régulation rigoureuse se veut le garant d’un équilibre entre la liberté d’entreprendre et la protection des droits des consommateurs, même dans l’espace dématérialisé.

Cette orientation n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de régulation du marché national, fondée sur une numérisation axée sur la confiance, la connaissance et la transparence. Lors de la 4e édition du Salon du e-commerce (ECSEL EXPO) en octobre dernier, Abdellatif avait déjà détaillé les axes concrets de cette politique.

Selon elle, la pierre angulaire reste l’actualisation du cadre juridique. Elle s’accompagne d’actions de sensibilisation des commerçants aux solutions de paiement électronique, menées en collaboration avec les établissements bancaires pour favoriser l’inclusion financière numérique.

En parallèle, le ministère accélère la numérisation de ses propres services administratifs, simplifiant ainsi les procédures d’enregistrement des activités et d’obtention du registre de commerce via des plateformes en ligne.

Au-delà de la simple réglementation, l’ambition est de créer un environnement numérique moderne, propice à l’émergence d’idées novatrices. Le projet réglementaire en cours entend fournir une base juridique solide pour asseoir la transparence, lutter structurellement contre la spéculation et, in fine, intégrer les activités informelles dans le circuit économique régulé.

Il s’agit de transformer l’actuel dynamisme, parfois désordonné, du e-commerce, en une véritable filière économique, contributrice de valeur ajoutée pour l’économie nationale et créatrice d’emplois durables.

À travers cette feuille de route, les autorités entendent jouer pleinement leur rôle de régulateur, sécurisant les échanges, protégeant les parties prenantes et canalisant les énergies entrepreneuriales vers un marché numérique national, structuré et compétitif.

11 décembre 2025 | algeria-logo