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Paraphé en 2022 à Nouakchott, cet accord est officiellement entré en vigueur jeudi dernier à Alger, à l’issue de la signature du procès-verbal de la réunion de la Commission technique conjointe. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Youcef Cherfa, et de son homologue mauritanien, Fadhel Sidati Ahmed Louli. Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, les membres de cette commission, installée à l’occasion de la visite du ministre mauritanien du 25 au 29 mai, ont également discuté «des moyens d’élargir cette coopération pour inclure l’aquaculture, la construction et la réparation navale, la recherche scientifique, ainsi que le renforcement des échanges commerciaux».
Cet accord s’inscrit dans la continuité d’un processus entamé dès 2013, lorsque la Mauritanie avait accordé cinq quotas de pêche à l’Algérie, qui sont toutefois restés inexploités. Près d’une décennie plus tard, les deux pays ont choisi de réactiver ces engagements dans un cadre élargi, intégrant la recherche scientifique, la formation professionnelle et le développement de l’aquaculture. Le ministre algérien de la Pêche et des Productions halieutiques de l’époque avait indiqué que l’accord visait l’exploitation de sept licences de pêche en haute mer, représentant un tonnage global de plus de 31 000 tonnes.
La ratification de ce protocole s’inscrit, par ailleurs, dans une dynamique régionale à travers laquelle l’Algérie ambitionne de se placer comme un acteur majeur du secteur halieutique en Afrique. A ce jour, les autorités algériennes ont signé quatorze accords de coopération avec plusieurs pays du continent, dont l’Afrique du Sud, le Soudan, la Guinée-Bissau, l’Égypte, la Tunisie et la Mauritanie.
Pour l’année 2025, les priorités affichées par le ministère de l’Agriculture en termes de pêche incluent l’exploitation optimale des bassins aquacoles et le développement de la construction et la réparation navale. En décembre 2024, Youcef Cherfa avait insisté sur l’importance de déployer une feuille de route axée sur l’extension de l’aquaculture, en particulier en eau douce, avec un accent mis sur la production de tilapia et de daurade, deux espèces très prisées par les consommateurs.
Mettant en avant la nécessité de faciliter l’accès au financement pour les investisseurs du secteur de la pêche, plus largement du développement agricole, il avait annoncé la signature prévue d’accords de coopération avec plusieurs établissements financiers, dont la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr), pour accompagner les projets d’investissement. Dans le domaine naval, des espaces devaient être alloués dans les ports de pêche pour soutenir les chantiers de construction et de réparation. Des mesures devaient également être prises pour répondre aux préoccupations des professionnels, notamment l’autorisation d’importation de navires et de moteurs d’occasion de moins de cinq ans.
La concrétisation de cette stratégie devrait bénéficier directement au consommateur algérien : une meilleure disponibilité des produits halieutiques, des prix plus stables voire en baisse, une diversification des espèces proposées sur le marché, et la création d’emplois dans la transformation, la pêche industrielle et l’aquaculture.
Il reste désormais à savoir quand ces engagements se traduiront concrètement, les produits halieutiques demeurant encore inaccessibles pour la grande majorité des consommateurs algériens.